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Céline Chadelat | Rédactrice Esprit Yoga

Rédactrice chez ESPRIT YOGA, Céline Chadelat est journaliste, auteure et conférencière. Elle a publié Le Mois d'Or, Bien vivre le premier mois après l'accouchement, et Thich Nhat Hanh, Une vie en pleine conscience
Temps de lecture : 5 minutes (914 mots)

SÉRIE «AYURVEDA & MENTAL Ayurvéda : La santé est une attitude

 

La Dinacharya est l’application de routines quotidiennes. Ces routines sont adaptables ensuite en fonction de la saison, de l’âge du patient et de la Constitution de naissance. Selon l’Ayurveda, c’est davantage cette discipline quotidienne qui nous préserve de la maladie, plutôt que des Cures occasionnelles que l’organisme subit comme une violence, en plus d’endommager les tissus.

 Par Armanda Dos Santos

 

 

Selon les textes, la Dinacharya préserverait notre santé physique, mentale et nerveuse. Seulement voilà : la santé est un attitude.

Vous ne faites pas de l’Ayurvéda parce que vous vous grattez la langue, appliquez de l’huile de sésame sur tous les orifices, et faites une diète de ghee. La santé est une attitude… morale ! Ce que l’Ayurveda enseigne dans la Sadvritta, le Code de Conduite ayurvedique, semblable aux préceptes du Yoga, ou aux règles de bon sens de la plupart des religions.

 

La personnalité

La personnalité d’un individu est définie à travers un ensemble de caractéristique incluant son comportement, son charisme, son attitude envers les autrui, ses valeurs, ses schémas émotionnels, son engagement dans la société, sa façon d’évoluer dans son environnement, sa façon de penser/panser le monde.

En termes thérapeutiques, il est essentiel pour un Vaidhya (un médecin ayurvédique), de saisir la personnalité de son patient, afin de comprendre qui il est, d’où provient l’origine de son mal-être, comment il l’a provoqué, quelles méthodes il devra utiliser pour le soigner, et quel langage ce même Vaidhya va devoir parler, pour convaincre son patient.

 

Manas Prakriti

L'Ayurveda a mentionné les traits de personnalité d’un individu comme Manas Prakriti ; ces facteurs sont innés, présents dès la naissance. Ils évolueront ensuite, à travers l’éducation que recevra l’enfant, ses habitudes alimentaires, son environnement familial et climatique, ses expériences de vie, et comment il aura apprivoisé ces événement… soient-ils positifs ou négatifs.

 

 Personnalité et société

Notre personnalité est en fait notre façon de vivre en société… avec et/ou malgré, nos bagages de vie, ses apprentissages, désillusions, enseignements et trahisons... Qui suis-je et comment j’interagis avec mon milieu et mon environnement est de reflet de ma santé physique et mentale.

 

 Un Code de conduite et d’éthique

Sadvritta est un ensemble de règles, de principes de conduite éthiques, de valeurs et de comportement, pour nous réaliser en tant qu’individu, pour soutenir la croissance de la société tout entière, tout en protégeant la Terre qui nous accueille. L’ayurvéda considère que plus important que les mesures d’hygiène corporelle quotidienne, la santé et la longévité d’une personne est intrinsèquement dépendante de sa Santé morale et mentale, lesquelles sont dépendantes de :

  • Nos valeurs
  • Nos engagements et devoirs envers la société
  • De la qualité de nos relations, avec autrui et avec la Nature
  • De la place qu’on s’est donné et choisi au service de la société
  • Du choix de vivre une vie utile ou inutile 
  • Bénéfique ou préjudiciable
  • Heureuse ou malheureuse
  • Servant le plus grand nombre ou repliée sur soi
  • Qui améliore et soutient notre qualité de vie, notre compréhension et développement spirituel
  • Qui sert au progrès de notre espèce humaine et de la Santé sociale globale

En somme : une vie de valeurs, de discipline, de comportements adéquats vis-à-vis de soi, vis-à-vis de la société, vis-à-vis des saisons, de la Nature, de notre Terre d’accueil, du règne animal, végétal et minéral.

Selon la philosophie Védique, Sadvritta permettrait à chacun d’atteindre le bonheur, une santé longue et durable et le parcours du Dharma (chemin de vie amenant à la Libération de ce qui nous enchaîne).

 

Toujours selon la philosophie védique, « tous les humains sont faits pour le bonheur ».

 Chaque individu possède un Dharma (un chemin de « vie utile ») qu’il doit trouver et maintenir pour pouvoir atteindre Moksha (la libération de ses pensées ou actions nuisibles). Celui qui ne trouve pas son Dharma n’atteint pas « sa » libération, et ne pourra pas garantir une santé physique, mentale et sociale, saine.

 Sadvritta demande de la compassion envers tous les individus, par le contrôle de nos tendances de comportement et mentales. Il est ici question d’utiliser ses qualités pour le bénéfice d’autrui.

Il est dit que le résultat de l’application du Code de conduite permet d’apporter l’abondance (lorsqu’on est en pleine capacité d’atteindre notre dharma), le succès, etc.

 

 Les 10 péchés

Sadvritta nomme 10 péchés qui constituent autant de comportements nuisibles au développement personnel et à la Société :

 Himsã : la violence

  • Steya : le vol
  • Anyathã : toute action perverse et déloyale
  • Paishunya : la médisance
  • Parusha : la critique
  • Anrta : mentir ou donner des informations incomplètes
  • Aambhinna  ãlãpa : toute action causant la séparation et le conflit
  • Vyãpãda : tuer ou blesser
  • Abhidyã : la jalousie
  • Drgviparyayã : donner une mauvaise interprétation à ce qu’on a vu

Oui, cela peut paraître tellement « bateau » et simpliste. Voir niais…

Seulement, avez-vous déjà imaginé l’impact d’une de ces actions sur notre santé mentale et nerveuse ? Ou encore : que dit ce type de comportement(s) de la santé mentale d’un patient ?

Il est plus aisé de lui prescrire quelques conseils d’hygiène de vie, activité physique, une diète bien pensée, et à la rigueur une ou deux plantes indiennes… Avons-nous été au fond du problème : bien sur que non.

Le patient peut-il « guérir » s’il continue à pratiquer ces « pêchés » ? A mon humble avis, non.

En tant que thérapeutes, pouvons-nous soigner véritablement et durablement sans paraître quelque peu « moralisateurs » ? C’est une vraie question.

Dans le prochain article de cette Série, nous évoquerons le concept de Prajnaparadha, ou « crime contre sa propre intelligence »

Armanda Dos Santos, 

Thérapeute et formatrice en Ayurveda

www.ecoleyogaayurveda.com

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