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Regarder plus loin

La pratique des drishtis développe la concentration et invite à voir le monde de manière plus réaliste et plus bienveillante. PAR MAX PARINY

 

 

LA DIMENSION visuelle est fondamentale chez l’être humain, et le yogi ne fait pas exception. Notre attention est une ressource précieuse, et le monde visible peut être une source de stimulations fascinantes, engageantes et parfois même déstabilisantes. Quand notre attention est trop attirée par l’aspect extérieur des choses, notre vitalité (prana) a tendance à se disperser. Laisser le regard se disperser peut créer des distractions qui empêchent l’état de concentration et d’intériorisation nécessaire au yoga. Pour contrecarrer la tendance du regard et donc de l’esprit à divaguer, on peut essayer de mieux contrôler et mieux focaliser son attention. La technique yogique des drishtis peut nous y aider. Il s’agit d’une technique ancienne, popularisée en Occident par le Yoga Asthanga de Pattabhi Jois. Cette technique utilise une direction du regard spécifique pour chaque posture, pour contrôler l’attention pendant la pratique. Mais sa pleine signification n’est pas limitée à sa valeur sur le tapis. En sanskrit, drishti signifie vision, point de vue, intelligence, sagesse. Activer drishti pendant la pratique sert autant comme technique de concentration que comme voie pour focaliser la conscience sur une vision de l’unité. Drishti prend appui sur notre système perceptif pour reconnaître et dépasser les limites de la vision « normale ». Nos yeux peuvent voir seulement les objets qui reflètent le spectre visible de la lumière. Les yogis cherchent aussi à apercevoir une réalité intérieure et extérieure, de nature énergétique, qui n’est pas « visible » au regard classique.

L’utilisation consciente du regard en yoga n’est pas limitée à la tradition Ashtanga. B.K.S. Iyengar a dit par exemple que « les yeux ont un rôle fondamental dans la pratique des asanas ». Drishti est aussi utilisé dans d’autres pratiques yogiques, comme dans trataka, le fait de fixer sans ciller la flamme d’une bougie, jusqu’à avoir des larmes. Dans les pratiques de méditation et de pranayama, les yeux sont clos ou semiouverts, et le regard va vers le haut, vers le troisième oeil. Dans la Bhagavad Gita, Khrisna explique à Arjuna : il faut garder sa tête et son buste droits, alignés, et fixer avec détermination le bout de son nez.

La technique et l’objectif
Comme avec d’autres techniques spirituelles, il y a toujours le risque de confondre la technique et l’objectif. Quand on regarde un objet pendant la pratique, il ne faut pas se concentrer sur lui avec un regard trop appuyé ou figé. Il vaut mieux utiliser un regard accueillant, en regardant non pas l’objet, mais vers l’objet et au-delà de celui-ci. Adoucir sa concentration pour envoyer l’attention au-delà de la couche externe vers l’essence des choses.

 

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