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Pierre Bonnasse : « Le but du yoga est de reconnaître cette conscience qui contient tout »

Depuis les montagnes de Rishikesh où il réside et enseigne le yoga, Pierre Bonnasse fait résonner un chant ancestral indien dans son nouveau livre Le Chant de la déesse : la Devi-Gita et autres textes de la tradition sakta. Ce chant, consacré à Shakti, célèbre l’unité dans les polarités. C’est un traité essentiel de la spiritualité indienne pour abolir les frontières et abandonner les étiquettes. PROPOS RECUEILLIS PAR LUCILE DE LA REBERDIÈRE

 

 

ESPRIT YOGA : L’Inde célèbre de multiples dieux et déesses. Qui est la divinité chantée dans votre livre ?
PIERRE BONNASSE : La divinité principale est nommée Bhuvaneshvari, « la souveraine de l’univers ». Elle a des milliers de noms qui définissent la Conscience suprême et ses manifestations. Dans la tradition Shakta, tout est Shakti. La déesse ou mère divine est à la fois l’univers perceptible sous toutes les formes changeantes et le témoin immuable de celles-ci.

E. Y. : Sous la forme des femmes aussi ?
P. B. : Les tantras considèrent la femme comme divine, comme expression de la déesse, de la création, de la beauté, de la sagesse et du bonheur. Elle doit être vénérée et regardée avec la plus grande dévotion comme le sanctuaire le plus sacré.

E. Y. : Qu’est-ce que les femmes ont de divin ?
P. B. : Elles incarnent notamment les trois shaktis ou énergies principales de la création, de la préservation et de la transformation, mais aussi du désir, de la connaissance et de l’action. Gauri demeure dans le sexe de la femme d’où l’enfant né, Lakshmi dans les seins qui le nourrissent, et Sarasvati dans la langue qui l’éduque. Mais la Shakti suprême, la source de toutes les créatures, n’a pas de sexe.

E. Y. : Célébrer la déesse, c’est donc s’affranchir de la binarité ?
P. B. : Célébrer la déesse, c’est célébrer la binarité au sein de l’unité et la non-dualité dans la dualité. Sans dualité, la manifestation est impossible. Elle est nécessaire au fonctionnement général, à l’alternance du jour et de la nuit, de la veille et du sommeil, de la vie et de la mort. En cultivant une attention sans saisie ni rejet envers tout ce qui apparaît, il est possible de s’ouvrir à l’essence même de cette attention, qui constitue le coeur conciliateur de la déesse. L’univers étant sa manifestation directe, la nature et tous les êtres sont sacrés, ce qui implique donc une lecture écologique du vivant.

E. Y. : Alors pourquoi le Tout est-il féminin ici ?
P. B. : Il est autant féminin que masculin. Shiva, la lumière de la conscience, est inerte. Shakti est à la fois cette lumière et son énergie, le substrat à partir duquel l’Univers prend forme. Sans sa shakti, même Shiva est un shava, « un cadavre ». Shakti est le pouvoir qui anime toute chose, la vibration qui rend tout possible, la force à la fois transcendante et immanente qui embrasse et imprègne tout, en demeurant libre de tout. C’est pourquoi le shaktisme définit l’absolu en termes féminins.

La suite de cet entretien est à lire dans Esprit Yoga n°67, en vente ici :

 

 

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